Réduire la taille du texte Normaliser la taille du texte Grossir la taille du texte
oiseau1.png

Un poisson méconnu

 

IMG 0505

 

 

Les grandes aloses, de la même famille que les sardines (cupléidés) se déplacent en vastes bancs, se nourrissent principalement de plancton et ont les flancs argentés. Mais leurs ressemblances avec leurs cousines s’arrêtent là. En effet, ces poissons ont une taille imposante (entre 42 et 62 cm) et, surtout, un mode de reproduction très particulier.

 

 

 

 

 

En effet, la Grande Alose est un poisson migrateur amphihalin, c'est à dire qu'il doit se déplacer dans l'eau douce et dans l'eau de mer pour réaliser son cycle de vie. Comme le saumon, les Aloses ne peuvent se reproduire qu'en rivière.

 

La Grande Alose, autrefois très abondante des côtes du Maroc à celle du Danemark n'est plus présente que dans quelques fleuves français et portugais. Le dernier grand foyer de population se situe sur la Garonne et la Dordogne.

 

Sur l'Aulne, la population d'Alose a été étudiée par l'INRA et l'Université de Rennes entre 1998 et 2002. Nous disposons donc de précieuses informations. Vous trouverez à la fin de cet article des liens vers ces comptes rendus scientifiques. 

 

 

Cycle de vie de la Grande Alose

 

cycle Alose

 

1. Après 3 à 7 ans passée non loin des côtes de l'Atlantique et de la Manche, les grandes aloses viennent se reproduire en rivière. Dans l'Aulne, la migration débute dès que la température des eaux dépassent 11 °C et dure jusqu'à la fin de la période de reproduction. Habituellement, la grande Alose de l'Aulne migre entre le mois d'Avril et le mois de Juillet avec un pic au mois de Mai.

 

2. Une fois en rivière, les aloses se rassemblent dans des zones profondes où elles patientent jusqu'à ce que les conditions soient favorables à la reproduction (température > 13.5 °C et vitesse de courant adéquate). Elles vont alors alterner les déplacements sur les zones de reproduction (frayères) et les phases de repos en eau profonde. Elles continueront à se reproduire jusqu'au mois de juillet. La quasi-totalité des individus mourront d'épuisement durant la reproduction.

 

bull

 

 

Chez ce poisson, la reproduction nécessite une véritable danse nuptiale. Le mâle et la femelle, nageant vigoureusement de concert, font des cercles à la surface de l'eau durant lesquels les œufs sont émis puis fécondés. Ce comportement, très bruyant, est surnommé "bull". Il permet aux chercheurs d'estimer le nombre d'aloses en train de se reproduire. Il se déroule uniquement de nuit.

 

 

 

Les œufs, émis en pleine eau, partent à la dérive dans le courant et se collent à la première surface qu'ils touchent. Ainsi, les zones de frayères choisies par les aloses doivent respecter des caractéristiques bien précises pour assurer la survie des œufs :

  • Une première zone profonde (entre 1 et 1.5 mètre) de plat courant ;
  • Suivi d'une seconde zone de type radier avec un courant turbulent et un fond constitué de galets et de pierres.

frayère à Alose

 

Ainsi, les œufs sont emportés dans la zone turbulente où ils se collent aux pierres tapissant le fond. Le brassage continuel de l'eau leur assure une oxygénation parfaite jusqu'à l'éclosion (environ 7 jours après). Si les œufs se retrouvent dans une zone plus lente et plus vaseuse, ils mourront asphyxiés.

 

3.Les larves vont grossir très rapidement pour devenir des alosons qui ont le même comportement grégaire que les adultes. Ceux-ci vont rester en rivière entre quelques semaines et quelques mois avant d'entamer leur migration vers la mer. 

 

 Une espèce en danger

 

Grâce au système de vidéo comptage installé dans la passe à poissons de Châteaulin, les aloses qui migrent dans l'Aulne sont dénombrées depuis plusieurs années. L'évolution de leur population est inquiétante avec une chute rapide ces dernières années. En 2012, à peine 152 aloses ont été comptabilisées contre plus de 6700 en 2003. Ce déclin a aussi été observé sur les autres cours d'eau français (en Gironde, 400 000 individus en 1996 contre à peine 50 000 en 2012).

 evolution aloses

 Pourtant, avec plus de 6700 individus en 2003, la population de Grande Alose de l'Aulne était la plus importante connue au nord de la Loire. Il est prioritaire de trouver des solutions pour enrayer ce déclin.

 

 

Une solution : permettre l’accès à de nouvelles zones de reproduction

 

Aujourd'hui, sur le bassin de l'Aulne, la Grande Alose ne peut accéder qu'à un seul secteur possédant les caractéristiques idéales pour sa reproduction : l'aval de l'écluse de Coatigrac'h. En effet, seules les deux premiers barrages déversoirs de l'Aulne canalisée sont équipés de passes à poissons adaptées. Les 26 autres ouvrages de l'Aulne canalisée ne sont aménagés que pour les poissons capables de sauter. L'Alose, bonne nageuse mais piètre sauteuse, reste bloquée. La continuité écologique est dégradée. 

 

frayère coatigrachbarrage coatigrach

 

Et pourtant, les mesures de terrain montrent qu'une autre zone propice pour la reproduction de la Grande Alose se situent quelques kilomètre en amont, au pied de l'écluse de Trésiguidy. Cette seconde zone, si elle était utilisée, augmenterait substantiellement les habitats disponibles pour le grossissement des alosons. De plus, elle limiterait le risque qu'une pollution ou un accident à Coatigrac'h détruise l'ensemble de la population de l'Aulne.

 

Pour pouvoir atteindre cette seconde frayère potentielle, il faut franchir cinq barrages déversoirs non équipés. Depuis, 2010, une opération innovante est menée afin de faciliter leur franchissement : l'expérimentation d'ouverture des pertuis. Néanmoins, la rénovation des passes à poissons est aussi à l'étude.

 

Enfin, le Site Natura 2000 de la Vallée de l'Aulne a été mis en place pour préserver, entre autre, la Grande Alose. Ainsi, si vous êtes propriétaire ou gestionnaire d'espaces dans le périmètre du site, vous pouvez vous engager en faveur de ce patrimoine exceptionnel grâce à différentes formes d'engagements.

 

Pour en savoir plus, rendez vous sur les pages dédiées à Natura 2000.

 

 

Pour en savoir plus

 

Le Pôle UMR-INRA Agro Campus Ouest de Rennes nous a autorisé à mettre en ligne ses travaux scientifiques sur l'Alose de l'Aulne. Ils sont consultables ci dessous :

 

La plaquette "L'Alose en Bretagne, connaissance et restauration d'un patrimoine".

 

Le rapport scientifique "Caractérisation de la population de la grande Alose (Alosa alosa) de l'Aulne (Fleuve Finistère), Etude des phases migratrice et reproductrice, localisation des juvéniles et inventaire des frayères potentielles".

 

 Logo Natura

 

<------- Retour